"On a fait une erreur" : le mauvais recrutement que votre cofondateur refuse de licencier

Vous avez tous deux fait passer l'entretien au candidat. Vous avez tous deux dit oui. Quatre mois plus tard, le recrutement ne marche pas, tout le monde le sait, et l'équipe le contourne. Vous en parlez et votre cofondateur dit "laisse-leur plus de temps". Mais plus de temps n'est pas une stratégie de management. C'est de l'évitement qui porte un masque de compassion. Votre cofondateur ne veut pas vraiment leur laisser plus de temps. Il veut éviter d'être celui qui admet que la décision était mauvaise, parce que licencier quelqu'un qu'on a choisi signifie que son jugement a failli, et l'admettre à voix haute, à son partenaire, dans une entreprise où le jugement est votre produit principal, ressemble à quelque chose dont on ne se remet pas.
Alors le mauvais recrutement reste, l'équipe regarde, et ce que l'équipe apprend, c'est que la performance compte moins que la politique et que les fondateurs toléreront la médiocrité tant qu'aucun des deux n'a à le dire à voix haute. Le recrutement n'est plus le problème. L'incapacité à agir ensemble face à une erreur évidente est le problème, et chaque semaine d'attente enseigne à l'entreprise que les erreurs évidentes sont négociables.
Le trait, c'est l'évitement qui protège l'ego
Deux choses se jouent ici. "Laisse-leur plus de temps" est un réflexe de faible Assertivité, différer une action difficile plutôt que la mener, et en dessous se loge la conscience de soi, l'inconfort d'admettre une erreur publique à la seule personne dont vous voulez le plus le respect. La compassion est réelle mais elle sert aussi de couverture, parce que la personne protégée n'est pas le recrutement, c'est l'image que votre cofondateur se fait de son propre jugement. L'analyse de l'autosabotage explique comment la protection de l'ego produit en silence des décisions qui nuisent à la chose même que vous essayez de protéger.
Le bon mouvement consiste à séparer la décision du verdict sur votre jugement : un recrutement qui ne prend pas au bout de quatre mois est normal, et l'inverser est une compétence, pas un échec. Convenez avec votre cofondateur qu'admettre un mauvais choix fait partie du métier, et non un acte d'accusation contre lui, et fixez une date de performance claire pour que la décision se prenne selon un calendrier plutôt que selon celui qui supporte l'inconfort le plus longtemps.
La position de votre cofondateur sur les facettes d'Assertivité et de Conscience de soi derrière "laisse-leur plus de temps" se mesure avec le test de personnalité OCEAN à 30 facettes en environ 15 minutes, avec les résultats par domaine gratuits. Si une erreur évidente reste sans correction, voir les deux profils montre l'ego de qui le délai protège, la même lecture que notre profilage de rôles pour les équipes offre sur qui esquive la décision difficile.