"Ils n'ont pas besoin de savoir" : le conflit de transparence sur les mauvaises nouvelles

Deux fondateurs à la porte d'une salle remplie d'employés, l'un tenant une lettre ouverte et l'autre un doigt sur les lèvres

Vous avez parlé du problème de trésorerie à l'équipe. Votre cofondateur vous a tiré à l'écart : "pourquoi leur dire ça ?" Vous avez dit que la transparence bâtit la confiance. Il a dit que la transparence bâtit la panique. Même information, instincts opposés sur qui mérite de l'avoir. Le fondateur transparent pense que cacher une mauvaise nouvelle est une manipulation, qu'une équipe dont les moyens de subsistance dépendent de l'entreprise a le droit de savoir, et que la dissimulation est paternaliste. Le fondateur maîtrisé pense que partager une mauvaise nouvelle est imprudent, que l'équipe va mettre à jour ses CV, que les meilleurs partiront les premiers, et que le moral s'effondrera à cause d'un problème qui pourrait se résoudre tout seul en deux semaines.

Vous avez tous deux des preuves. Vous avez vu des entreprises mourir de leurs secrets. Il a vu des entreprises mourir de la panique. Ce que ni l'un ni l'autre ne voit, c'est que le vrai dégât n'est ni l'information ni le secret. C'est l'équipe qui regarde deux fondateurs raconter des histoires opposées et n'en croit aucune.

Le trait, c'est la Franchise

Cela correspond à une différence sur la facette de Franchise, la disposition à être ouvert et transparent par rapport à être prudent et stratégique sur ce que l'on divulgue. Le fondateur transparent vit la rétention comme une petite trahison ; le fondateur maîtrisé vit la divulgation comme une blessure inutile qu'il s'inflige. Aucun des deux instincts n'est malhonnête, mais menés séparément ils produisent exactement le résultat que tous deux redoutent, parce que la confiance de l'équipe s'érode non pas de la mauvaise nouvelle elle-même mais de voir les fondateurs se diviser sur la question de savoir si on pouvait la lui dire.

La solution, c'est de décider ensemble la politique de divulgation, à l'avance, pour que l'équipe entende un seul message aligné au lieu de deux messages concurrents. Vous n'avez pas à vous accorder sur une transparence maximale ni sur un contrôle maximal. Vous devez vous accorder sur la même histoire, dite une seule fois, parce qu'une vérité inconfortable mais unie coûte bien moins cher à l'entreprise que deux fondateurs qui se disputent au grand jour pour savoir si des adultes peuvent gérer la réalité.

La position de chacun de vous sur la facette de Franchise qui façonne votre instinct face aux mauvaises nouvelles se mesure avec le test de personnalité OCEAN à 30 facettes en environ 15 minutes, avec les résultats par domaine gratuits. Si votre cofondateur et vous racontez sans cesse des histoires différentes à l'équipe, voir les deux profils explique la division, de la même façon que notre profilage de rôles pour les équipes révèle qui divulgue et qui retient.